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À propos

Tout a commencé vers l’Hallowe’en, pas la dernière, celle d’avant. L’hiver s’en venait, je me voyais déjà le passer blottie sur le divan avec ma jolie Prunelle devant la tévé et j’ai eu comme un sursaut. Le lendemain, je mettais la télé en vente sur un forum de quartier, le surlendemain mes voisins presque d’en face sont venus m’en débarrasser! Le troisième jour, je suis venue à l’écriture, comme on disait dans les livres surannés de mon enfance. Je m’étais toujours demandé quel effet ça faisait.

Je vous préviens tout de suite, c’est de l’autofiction. Comme je le disais à mon amie Chantal qui est à la fois traductrice et autrice, si je me mets à écrire, il va falloir que je commence par sortir toutes les bricoles qui me sont arrivées. C’est peut-être pour ça que j’ai mis aussi longtemps à me décider : j’espérais trouver une façon de débuter autrement, mais non.

La remarque d’une autre amie, Michèle, m’a fait prendre conscience d’un décalage entre le ton presque naïf, proche du roman jeunesse, et l’impudeur du contenu. Je sais pas quoi faire avec ça, sauf ajouter des images. Je m’ennuyais du dessin et de ce que j’appelle photopeinture : bidouiller des images à l’écran, chercher pendant des heures, arrêter, repartir, revenir en arrière, sauvegarder. Entre ça et une hâte impérieuse d’avancer, j’ai décidé de puiser de la matière première dans des sites d’images libres de droits ou avec une licence Creative Commons. Je note la source quand même : le site, la page.

Pareil pour ce qui est du dessin : prendre des images pour modèles, oui, mais libres de droits elles aussi, pour éviter les zones grises. Et pour une liberté maximale, je vous dis autre chose tout de suite : je vais souvent dessiner par transparence, par-dessus une photo, sur la vitre rétroéclairée de ma table à dessin. J’invoque le même motif : hâte impérieuse. J’ai pas le temps de passer maître dans toutes sortes d’affaires quand j’ignore encore tout de l’écriture.

Bon, mais de quoi ça parle tout ça ?

Il était une fois deux fillettes de sept et dix ans enlevées par leur mère et transplantées, de la banlieue de Paris à celle de Montréal, pour y être élevées sous un faux nom. La mère et son deuxième mari vivaient les débuts d’une longue folie à deux qui, à ma connaissance, n’a jamais cessé, ne faisant qu’empirer. Certitude de s’engager dans une vie au-dessus du monde entier pour, en réalité, sombrer dans un quotidien fait de violences, de menaces, d’intimidations et j’en passe.

L’aînée, c’était moi. Mais vous allez le voir, ma narratrice se nomme autrement. Comme c’est aussi de la fiction, j’ai préféré mentir une seule fois et appeler le reste invention.

Ma captivité a duré sept ans.

Jusqu’au jour où j’ai vu le téléphone faire la grimace

 

P.S. On m’a demandé si je n’avais pas envie de publier mon texte dans un «vrai» livre. J’ai plusieurs réponses. D’abord il s’agit d’un work in progress: bien que j’aie déjà une bonne avance côté texte, je réalise les illustrations au fur et à mesure. Et l’art visuel s’accompagne d’un besoin brûlant de voir le résultat exister hors de soi. Ensuite, je suis tellement collée sur ce projet que la vulnérabilité liée au fait de le proposer à des éditeurs s’en trouve multipliée par mille. Sans compter que j’ignore qui pourrait vouloir publier un récit illustré. Les images, ça coûte cher à imprimer.
Cela dit, je suis ouverte aux propositions 😎


Sophie Voillot, le 6 mars 2021

Anecdotes est un récit d'autofiction écrit et illustré par Sophie Voillot is the writer and illustrator of Anecdotes,
translated by Donald Winkler.
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